I.

Une coalition large descend dans les rues de Perpignan

Le 30 mai 2026 à 13h30, la Place de la République de Perpignan sera le théâtre d'un rassemblement citoyen pour le Sahara Occidental libre. L'appel est lancé par le Collectif Catalan Liberté Sahraoui·es, fédérant une coalition sans précédent dans les Pyrénées-Orientales.

Les organisations signataires couvrent l'ensemble du spectre de la société civile locale : NPA, PCF 66, Les Écologistes Pays Catalan, LDH 66, ASTI 66, MRAP, Solidaires 66, CNT 66, Survie, AFPS, ANPNPA — auxquelles s'ajoutent, à l'échelle nationale, la Confédération Paysanne et les Amis de la RASD. Cette mobilisation transversale traduit une prise de conscience croissante sur la question sahraoui·e, bien au-delà des cercles militants traditionnels.

"Le 30 mai 2026 à Perpignan, nous serons dans la rue pour le Sahara Occidental libre. Contre l'occupation marocaine. Contre le pillage des ressources sahraouies."

Le choix de Perpignan n'est pas anodin : ville frontalière, carrefour commercial et agricole avec l'Espagne, elle est directement exposée aux circuits d'importation des produits issus des territoires occupés — dont les tomates cerises de la marque Azura, produites sur les terres du Sahara Occidental sans le consentement du peuple sahraoui.

II.

Trois revendications au cœur du rassemblement

Le manifeste de la mobilisation articule trois axes complémentaires et cohérents avec le droit international :

1. Fin de l'occupation marocaine

Le Maroc occupe militairement le Sahara Occidental depuis 1975 en violation flagrante du droit à l'autodétermination reconnu par les Nations Unies. Cinquante années de résolutions ignorées, de familles séparées, de prisonniers politiques, et d'un peuple contraint à l'exil dans les camps de réfugiés de Tindouf.

2. Rejet des accords UE-Maroc de 2025

L'accord agricole et de pêche renégocié en 2025 entre l'Union européenne et le Maroc inclut explicitement les ressources du Sahara Occidental dans son périmètre d'application — en contradiction directe avec les arrêts de la CJUE de 2016 et 2024, qui ont rappelé que le Sahara Occidental est un territoire distinct dont la population possède des droits propres. La mobilisation exige que l'UE respecte ses propres juridictions.

3. Boycott des produits Azura

Les tomates cerises Azura, commercialisées dans les grandes surfaces françaises, sont cultivées sur des terres agricoles du Sahara Occidental occupé, sans le consentement du peuple sahraoui et dans des conditions qui constituent une exploitation illégale de ressources naturelles. Au-delà du scandale éthique, elles représentent une concurrence déloyale pour les maraîchers français, un argument qui a permis à ce boycott de trouver un écho auprès de la Confédération Paysanne.

III.

Pourquoi le CASO appelle à soutenir cette mobilisation

Le Centre d'Analyse du Sahara Occidental documente depuis sa création les violations du droit international perpétrées dans ce territoire. La manifestation du 30 mai s'inscrit dans une dynamique de résistance civile légale et pacifique, conforme aux standards des droits fondamentaux.

La présence dans la coalition de syndicats agricoles comme la Confédération Paysanne rappelle que la question sahraoui·e n'est pas seulement un enjeu de politique étrangère abstraite : elle touche à la loyauté de nos marchés, à l'État de droit commercial, et à la cohérence de l'Union européenne avec ses propres valeurs déclarées.

Le CASO rappelle que le Maroc n'est pas signataire du traité d'Ottawa sur les mines antipersonnel et que les ressources naturelles du Sahara Occidental — phosphates, pêche, agriculture — sont exploitées en violation des principes reconnus du droit international humanitaire et de la Charte de l'ONU.

Être dans la rue à Perpignan le 30 mai, c'est dire que le droit international n'est pas une option, c'est une obligation.

Le CASO invite tous les citoyens concernés, toutes les organisations, tous les élus de bonne volonté à rejoindre ce rassemblement ou à relayer l'appel sur les réseaux sociaux.